Journal : Tome 1, 22 août 1937-10 juin 1940 de Galeazzo Ciano

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Note : 3/5

Pages : 568

Édition : Presse universitaire du midi

Première publication : 2015

4ème de couverture :

Edition critique de ce premier volume du journal de G. Ciano. Gendre de Mussolini et ministre des Affaires étrangères de 1936 à 1943, il favorise le rapprochement avec l’Allemagne nazie puis regrette cette alliance unilatérale. Renvoyé de ses fonctions après la défaite de Stalingrad, il participe au renversement du Duce en 1943 mais est arrêté et exécuté. Un témoignage sur l’Italie fasciste.

Ma critique :

Avant tout, je tiens à remercier les éditions « Presse universitaire du midi » et Babelio pour ce livre que j’ai reçu dans le cadre de masse critique.

J’avais choisi ce livre car j’apprécie l’histoire avec un grand H et plus particulièrement celle du début du 20ème siècle. Je suis beaucoup plus férue de l’histoire de la seconde guerre mondiale côté français et allemand. L’histoire de l’Italie m’est quasi-inconnue. Recevoir ce livre m’enthousiasmait car j’allais pouvoir comprende un peu mieux l’histoire européenne, vu par le ministre des affaires étrangères de l’Italie entre 1937 et 1940 à savoir Galeazzo Ciano.

L’introduction m’a été d’une grande aide pour resituer le contexte. Sur une vingtaine de pages, on comprend que Galeazzo Ciano, en plus d’avoir une bonne situation politique, est également le gendre du Duce. Le journal a été publié en 1946 à la demande de sa femme. Il a d’ailleurs été utilisé pour le procès de Nuremberg, pour l’accusation du ministre des affaires étrangères allemand Ribbentrop. Certains historiens doutent d’ailleurs de l’authenticité du journal : Galeazzo Ciano a été fait prisonnier et exécuté par les nazis en janvier 1944. Il aurait « retravaillé » son journal à ce moment-là, pour entre autre servir de témoignage contre les Allemands.

Je n’ai pas énormément de connaissances historiques. La lecture de ce journal a été très difficile pour ma part. Le journal a déjà été publié en France mais Philippe Foro, maître de conférence de l’université de Toulouse a décidé de le republier en ajoutant des indications de contexte (avis des personnes présentes lors d’entrevue en s’appuyant sur leurs propres journaux intimes,…).
Il ne s’agit en fait que de rapides comptes-rendus d’entrevue avec des hautes personnalités de l’époque. En dehors de son admiration sans borne pour le Duce et des nouvelles de son père, rien ne transparaît sur les sentiments quelconques du ministre. Il faut néanmoins préciser que d’un jour à l’autre, il parle d’envoyer des avions à Franco et le lendemain qu’il a été à la plage avec ses enfants. Dans un premier temps, c’est assez surprenant et on finit par comprendre que l’auteur a sûrement dû écrire les phrases sans se soucier de l’effet que cela pouvait produire sur les lecteurs. C’est d’autant plus surprenant que le premier jour du journal, il annonce clairement son intention d’écrire ce manuscrit pour être lu.

Le livre est intéressant pour comprendre l’envers du décor sur les stratégies des différents pays dans ces années-là. Heureusement, à la fin du livre, un index des différentes personnes évoquées par Ciano est présent et indique leur rôle.

Livre intéressant donc, mais il faut avoir un minimum de connaissances historiques pour l’apprécier.

La Case de l’oncle Tom de Harriet Beecher Stowe

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Note : 4/5

Pages : 637

Édition : Le livre de poche

Première publication : 1852

4ème de couverture :

Ce roman, publié aux U.S.A. en 1851 par Mme BEETCHER-STOWE, est un magnifique plaidoyer contre l’esclavage qui devint rapidement, avec la guerre de Sécession, « le » classique de l’anti-racisme.
Le personnage de Tom est à ce point sublime de bonté, de beauté morale, de tendresse pour tous ses semblables que l’on hésite à le croire vraisemblable. Une telle oeuvre fait mieux qu’émouvoir et convaincre, elle trouble la mauvaise conscience d’une bonne part de l’humanité.

Etre sans cesse achetés et vendus, tel est le sort des malheureux esclaves aux Etats-Unis. Elisa s’enfuit pour sauver son enfant, le vieil oncle Tom se résigne à être vendu… Les maîtres qui se succèdent ne se rassemblent pas toujours, et certains esclaves retrouvent leur liberté alors que d’autres meurent. Ce magnifique plaidoyer contre l’esclavage est devenu, avec la guerre de Sécession, un classique de l’antiracisme.

Ma critique :

A la suite d’une grosse perte financière, M. Shelby se voit contraint de se séparer de 2 de ses esclaves : l’oncle Tom et le fils de Elisa, tous deux esclaves. Il les vend à un marchand d’esclave et Elisa prend peur. Elle s’enfuit avec son enfant, par peur d’être séparée de lui. Il faut dire que M. et Mme Schelby étaient de bons maîtres. Ils promettent à Tom qui est resté dans la propriété, qu’ils le rachèteront.

On suit donc tout au long du livre le parcours d’Elisa et de Tom. Elisa va-t-elle pouvoir rester avec son enfant et Tom pourra-t-il revenir chez les Shelby ?
Ce livre a été publié sous forme de feuilleton en 1852 pour sensibiliser les américains sur le ravage de l’esclavage. A travers les différents personnages qui ont plus ou moins de lien avec l’esclavage, l’auteur nous donne les arguments de toutes les parties : les pour et les contre. Si bien que à un moment donné du livre, on se prend à comparer et à « hiérarchiser » l’humanité des maîtres d’esclave : un maître qui prend des esclaves pour le travail d’intérieur sont meilleurs que les maîtres qui font travailler les esclaves qui travaillent dans les plantations. Les conditions y sont meilleures. Autre argument réducteur : les maîtres esclaves du « nord » sont plus humains que les maîtres esclaves du « sud ». L’auteur appuie souvent tout au long du livre sur la comparaison entre le nord de l’Amérique et le sud de l’Amérique. Le nord étant ceux qui sont les plus généreux et plus promptes à vouloir aider les esclaves en les éduquant par exemple.

C’était également une volonté de l’auteur de raconter une histoire qui a pu arriver réellement pour comparer les situations de « blancs » avec celles des « noirs ». Le plus frappant étant évidemment le fait de séparer les enfants aux mères. L’auteure s’adresse aux jeunes mères lorsque cela arrive dans l’histoire : comment vous le vivriez à leurs places ?

En tout cas, ce roman nous donne la possibilité de voir les « dessous » de cette période, heureusement terminée. Il est marquant, je pense et il restera gravé dans ma mémoire. Après, je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce livre.
Pour rappel, en 1865, l’esclavage a été aboli aux Etats-Unis. En France, cela a été le cas en 1848.

Les souffrances du jeune Werther de Johann Wolfgang von Goethe

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Note : 3/5

Pages : 420

Édition : Le livre de poche

Première publication : 1774

4ème de couverture :

Manifeste exalté de l’impétueuse jeunesse, Les Souffrances du jeune Werther est le roman qui donna ses lettres de noblesse à Goethe. Le succès de cette œuvre parue en 1774 fut étonnant pour l’époque et le personnage de Werther devint le symbole d’une génération entière.
Quête d’absolu, transcendance de l’amour, lyrisme de la douleur… il s’agit bien là d’un des plus célèbres textes fondateurs du Romantisme. Werther, perché sur le pic solitaire de la passion qu’il éprouve pour Charlotte, est en proie au vertige. L’objet de son désir n’est autre que la fiancée de son meilleur ami, mais la pureté de son âme ne saurait tolérer l’idée même d’une trahison.
Goethe ne se contente pas de mettre en scène un terrible dilemme, il livre une analyse extrêmement fine des tourments intérieurs de son personnage qui finira par se donner la mort. Mais le suicide de Werther n’est pas seulement la réaction suprême à un amour impossible, il résulte également d’un terrible constat d’échec : l’humain ne peut atteindre l’absolu, la souffrance est une fatalité à laquelle aucun être sensible ne peut se soustraire. Une œuvre qui met en lumière la cruauté de l’existence, qui inflige à l’innocence son macabre cortège de désillusions.

Ma critique :

Werther tombe éperdument amoureux de Charlotte le tout premier jour de sa rencontre avec elle et pourtant, il la sait promise à quelqu’un d’autre. Au lieu de s’en détacher pour éviter de souffrir, il ne peut s’empêcher de continuer à la voir pratiquement tous les jours. Si bien qu’il sombre dans une profonde mélancolie : il songe de plus en plus au suicide.

Je ne m’attendais pas à ça. Il faut dire que sur Babelio, ce livre est classé parmi les livres dans lesquels une histoire d’amour se déroule. Effectivement, Werther décrit bien son amour envers Charlotte et c’est très émouvant.

Le style d’écriture m’a beaucoup plu même si il y a de nombreux passages pendant lesquels j’étais perdue : les allusions à Homère ou aux scènes bibliques étaient compliquées pour moi. La traduction des chants d’Ossian, j’avoue avoir passé ces pages très vite, à tort sûrement. Mais, je pense que ce livre peut être un bon moyen de s’initier à la philosophie.

Ce qui me dérange un peu plus, c’est que arrivée à la moitié du livre, je me suis rendu compte qu’il faisait en fait l’apologie du suicide. A priori, des personnes se sont d’ailleurs suicidées après la lecture de ce livre. Goethe s’en est apparemment défendu. Seulement, maintenant on parle de l’ « effet Werther » ; les sociologues utilisent cette expression pour expliquer les vagues de suicide liés à la « légitimité » que donnent les médias à cet acte.