D’extase et d’amour féroce de Dylan Landis

Note : 4/5

Pages : 184

Éditions : Plon

Publication en France : 18 août 2016

Ma critique :

Je tiens à remercier Netgalley et Plon pour l’envoi de cet e-book.

Il s’agit de plusieurs scènes de la vie d’adolescente de Rainey dans les années 70 à New York. Elle vit dans une maison à Greenwich Village avec son père, musicien de jazz très connu, sa mère l’a abandonnée depuis quelques années.  Des musiciens vivent sous le même toit que Rainey et de son père Howard et elle est complètement délaissée par son propre père. En fait, dans la maison, les musiciens femmes et hommes couchent les uns avec les autres. Certains sont attirés par Rainey et vont parfois trop loin avec elle. Malgré ses demandes, elle ne peut pas partir de la maison. Elle devient méchante et n’arrive pas à quitter cet univers angoissant, terrifiant pour elle. Elle se rebelle et veut à tout prix plaire aux hommes quels qu’ils soient.

L’auteur fait en sorte qu’on ne comprenne pas tout, tout de suite et on apprend à connaître Rainey au fil de l’eau. J’ai été finalement complètement happée par cette histoire à la fois dérangeante, repoussante et incompréhensible. La superposition de scènes un peu décousues, faisant découvrir une Rainey d’année en année, ne nous aide pas à en mieux comprendre et les pages se tournent donc très vite, happé par la curiosité. On apprend à apprécier Rainey et on la voit évoluer d’année en année.

En bref, j’ai beaucoup aimé ce livre. Il m’a surprise, parce que ce n’est pas le style de lecture que j’ai habituellement. Il est complètement envoûtant et dérangeant en même temps.

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C’est lundi, que lisez-vous ? #29

Bonjour,

Comme chaque lundi, on se retrouve pour le rendez-vous « C’est lundi, que lisez-vous ? » initié par Galléane dont vous pouvez retrouver ici la page pour les inscriptions.

Je suis très contente car j’enchaîne les partenariats avec Netgalley ! Je découvre pas mal de nouveautés et j’en suis enchantée !!!

$1. Qu’ai-je lu la semaine dernière ?

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True Crime Tome 1

aux éditions Ring

La mésange et l'ogresse par Cobert

La Mésange et l’ogresse de Harold Cobert

aux éditions Plon en partenariat avec Netgalley

Le diable sur les épaules de Christian Carayon

aux éditions Pocket

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?

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Lettres à la jeunesse aux éditions Le Livre de Poche

en partenariat avec Netgalley

3. Que vais-je lire ensuite ?

Voici venir les rêveurs de Imbolo Mbue

aux éditions Belfond en partenariat avec Netgalley

D’extase et d’amour féroce de Dylan Landis

aux éditions Plon en partenariat avec Netgalley

 

Et vous, que lisez-vous ?

Le diable sur les épaules de Christian Carayon

Note : 5/5

Pages : 541

Éditions : Pocket

Publication en France : 2013

Ma critique :

J’ai découvert Christian Carayon par « Un souffle, une ombre », son dernier roman et j’avais eu un véritable coup de cœur. A Saint-Maur en Poche, j’ai acheté le tout premier et encore une fois, j’ai adoré.

Il faut dire que les deux m’ont plu pour les mêmes raisons : un village rongé par les rumeurs, beaucoup de suspense, des secrets de famille, des personnages mystérieux vers lesquels on se pose des questions en permanence,  une introduction envoûtante grâce à laquelle on s’attache directement aux personnages…

Je lis beaucoup moins de thriller qu’avant. J’aime bien être surprise et en même temps, j’aime bien avoir des doutes sur le ou les coupables.  Dans ce roman, j’ai été baladée jusqu’à la fin et il y a eu un énorme rebondissement dont j’étais loin de me douter. Totale réussite de ce côté-là !

En deux mots pour parler de l’intrigue, en 1924, Camille Purseau demande à Martial de la Boissière, un ami d’enfance, de venir dans son village pour enquêter sur le meurtre non élucidé de Michel Gresse, un paysan. Elle est l’institutrice d’une école de fille et se retrouve isolée dans sa maison de fonction. Elle a peur de rester seule car tout le monde ignore comment un meurtre aussi atroce a pu avoir lieu dans ce petit village isolé et des rumeurs de fantômes commencent à courir.

Sélectionné par le prix « ça m’intéresse histoire » pour le polar historique, le roman évoque l’après première guerre mondiale. Tout au long de l’intrigue, on mesure le poids de ce lourd passé. Les jeunes revenus de la guerre ne sont plus tout à fait les mêmes et ont bien changé. Cet aspect a d’ailleurs un rôle à jouer dans la résolution de l’enquête.

Martial de la Boissière, l’enquêteur est un personnage récurrent et revient dans le deuxième roman de Christian Carayon à savoir « Les naufragés hurleurs ». Il ne me reste plus que celui-là pour lire sa bibliographie complète !

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Voir ma chronique de « Un souffle, une ombre » de Christian Carayon

Ma rencontre avec Christian Carayon organisée par Babelio

 

True Crime – Tome 1 : Les prototypes – Collectif

Afficher l'image d'origineNote : 4/5

Pages : 285

Éditions : Ring

Publication en France : mars 2016

Ma critique :

Fan inconditionnelle de l’émission « Faites entrer l’accusé », je me suis offerte le premier tome de True crime au stand de Stéphane Bourgoin à Saint-Maur en Poche.

True crime

Mon autographe en poche, il m’a fallu près de deux mois pour pouvoir enfin m’y mettre. Je m’y suis plongée avec beaucoup d’entrain et j’avoue que j’ai enchaîné les histoires les unes après les autres en me demandant inlassablement : « comment ces faits ont pu non seulement avoir eu lieu mais comment ils ont pu seulement se reproduire ? ».

True crime est une série de livres parlant de faits divers réels. Les auteurs sont entre autre Frédérique Lantieri, Stéphane Bourgoin, Dominique Rizet, …   Le premier tome « Les prototypes » reprennent des histoires peu communes qui malheureusement, faute de leçons tirées du passé, se sont reproduites quelques années après.

Ci-dessous, j’ai listé les spécialistes du fait divers ayant contribué à ce premier tome ainsi que le titre des histoires racontées  :

  • Frédéric Ploquin : Rapt mortel à Paris
  • Dominique Rizet : Le sang des filles
  • Stéphane Bourgoin : Le premier serial killer
  • Frédérique Lantieri : Les enfants des vermiraux
  • Laurent Obertone : Unabomber
  • Michel Mary : Le chasseur des vieilles dames
  • Charles Diaz : Un gang en France
  • Anne-Sophie Martin : La veuve au poignard liquide
  • Alain Bauer : Le premier gangterroriste

J’ai lu par le passé les histoires racontées par Pierre Bellemare. J’adorais ce concept d’histoire vraie, chacune étant plus ou moins égale au niveau de leur intérêt. J’ai retrouvé ce concept avec True Crime. Il y a des histoires qui m’ont marquées plus que d’autres, notamment celle racontée par Frédérique Lantieri. J’étais loin de me douter qu’en France, il ait pu se passer des choses aussi horribles envers des enfants sans défense. Le pire est que finalement, la région qui en a été « victime » n’a pas retenu la leçon. C’est horrible. En revanche, j’ai beaucoup moins apprécié les histoires parlant de gang ou de terroristes. Ce genre de fait divers m’intéresse moins de manière générale.

En bref, j’ai lu True crime en quelques heures seulement. Le fait d’avoir la possibilité d’acheter un nouveau tome tous les 6 mois me paraît une bonne idée. J’achèterai peut-être le prochain dans un autre salon et qui sait, peut-être que je réussirai à obtenir l’autographe d’un autre journaliste ?

 Le prochain tome sortira le 13 octobre prochain et traitera cette fois-ci des crimes sexuels.

La Mésange et l’ogresse de Harold Cobert

 La mésange et l'ogresse par CobertNote : 5/5

Pages : 425

Éditions : Plon

Publication en France : 18 août 2016

Ma critique :

Je tiens à remercier dans un premier temps Netgalley et les éditions Plon pour l’envoi de cet e-book.

Il faut avoir le cœur bien accroché pour se lancer dans ce roman. Malgré tout, le livre est fait de manière à pouvoir revivre l’enquête qui a abouti à l’arrestation du couple Fourniret. Bien que je sache comment ça se termine j’ai eu envie de savoir comment les policiers allaient arriver à les coincer tous les deux.

Monique Fourniret est auditionnée à plusieurs reprises à compter du mois d’août 2003. Très tôt, les policiers vont comprendre que Monique Fourniret n’est pas toute blanche dans l’histoire contrairement à ce qu’elle a envie de faire croire. Malgré tous les faits accablants, Michel et Monique Fourniret ne lâchent rien pensant qu’ainsi, lui, l’ogre pourrait sortir de prison.

Elle, c’est une femme simple, qui ne se rend absolument pas compte de ce qu’elle a fait. Au moment où son mari est arrêté, on n’a pas vraiment l’impression que ça l’étonne et elle va même finir par se plaindre du harcèlement que leur fait subir, non seulement les policiers mais ses voisins également. Elle se plaint notamment que la cantine où elle travaille ne veuille pas la reprendre du fait de la situation de la famille Fourniret. Les médias se sont en effet vite accaparé l’histoire.

Il y a pas mal de scènes d’agression qui sont racontées à la manière d’un rapport de police. Aucun sentiment ou d’émotion n’en découlent et c’est d’autant plus choquant à lire. Heureusement, l’auteur n’entre jamais dans les détails ; il y a tout de même quelques scènes qui ne sont pas expliquées pour laisser l’imagination du lecteur prendre le relais. Mais je reste persuadée qu’on est très loin de pouvoir imaginer tout ce qu’il s’est passé.

Il y a deux passages qui m’ont marquée plus que d’autres :

  • L’enquêteur demande à Monique Fourniret si elle aime son mari. Elle va avoir une réponse mémorable qui résume toute sa personne. C’est à vomir.
  • Le couple parle en code et notamment de « MSP ». On finit par savoir ce que cela signifie à leurs yeux…

En bref, j’ai beaucoup aimé ce livre en dépit du thème très noir… Le roman est très réussi. La pression monte chez les policiers et le lecteur la ressent de son côté aussi. De plus, l’auteur a réalisé un véritable travail pour nous faire rentrer dans la psychologie de ce monstre qu’est Monique Fourniret. Comment une femme peut en arriver à faire ça, à cautionner ça, à avoir vécu ça…. J’ai eu envie de la secouer à plein de reprises.

Il y a eu bien des moments où je me suis dit que jamais je ne pourrais être policière : je ne pourrais jamais avoir la moindre conversation avec ce genre de personne sans lui sauter dessus !

En attendant la sortie du livre le 18 août prochain, il est possible de regarder l’émission « Faites entrer l’accusé » qui parle de l’affaire.

C’est lundi, que lisez-vous ? #28

Bonjour,

Comme chaque lundi, on se retrouve pour le rendez-vous « C’est lundi, que lisez-vous ? » initié par Galléane dont vous pouvez retrouver ici la page pour les inscriptions.

1. Qu’ai-je lu la semaine dernière ?

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La Peste de Camus

Idaho de Andria Wiliams

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Lucrèce Borgia de Victor Hugo

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Et vous, que lisez-vous ?

Lucrèce Borgia de Victor Hugo

Afficher l'image d'origineNote : 5/5

Pages : 91

Éditions : Librio

Première publication en France : 1833

Ma critique :

Lucrèce Borgia est une femme coupable de nombreux crimes, d’inceste, d’adultère, … Elle est amoureuse de Gennaro. Seulement voilà, Gennaro est son fils. Pour plusieurs raisons, il ne connaît pas sa famille et pense qu’il n’a ni mère, ni père. Il va connaître Lucrèce Borgia et va être attiré par elle comme si il se doutait de quelques chose. Lorsqu’il apprend par ses compagnons d’armes que Lucrèce Borgia est loin d’être un ange, il va vouloir se venger d’elle en l’humiliant.

J’ai adoré cette pièce. Elle reprend tous les codes du théâtre classique à savoir les quiproquos, les renversements de situations,… La seule différence au premier abord est que les personnages ne parlent pas en rime : Victor Hugo use de la prose.

En bref, une pièce de théâtre facile à lire, à comprendre et à apprécier, même si la famille Borgia est loin d’être simple.

Idaho de Andria Wiliams

Note : 5/5

Pages : 480 pages

Éditions : Kero

Première publication en France : 8 juin 2016

Ma critique :

Bienvenue dans les années 60 ! L’époque où le rôle de la femme se cantonnait à rester à la maison à attendre bien sagement son mari, faire la vaisselle, s’occuper des enfants, repasser, faire le ménage, bref, le paradis féminin… Nat’ en subit les frais, d’autant plus qu’elle vit avec un militaire. Je crois qu’au départ, j’avais été attirée par cet aspect de l’histoire.

Paul, son mari, est muté dans l’Idaho, au cœur d’une centrale nucléaire. Il emménage donc avec sa femme qui vit à environ 80 kilomètres de son travail. Elle finit par très vite s’ennuyer et réclame la voiture pour se changer les idées. Après de longues négociations, elle va finir par obtenir ce qu’elle veut et va vivre sa petite vie, toujours monotone certes, mais un peu plus libre. Je ne peux pas vraiment en dire plus pour ne pas spoiler mais l’histoire est plus complexe que ça.

J’ai d’ailleurs vite été prise au jeu de cette histoire où je me suis rarement ennuyée. L’écriture est fluide, la narration et les dialogues sont crédibles. Et bizarrement, même s’il ne se passe pas grand-chose, j’ai vite voulu connaître la fin.

Le premier chapitre nous met l’eau à la bouche : a priori, la centrale nucléaire n’est pas stable et peut à tout moment faire des dégâts. Tout au long du livre, on sent cette pression monter et cette centrale va vite devenir un gros enjeu dans l’histoire personnelle du couple.

En bref, j’ai beaucoup aimé ce roman, par son écriture, ses personnages, les flirts, le suspense, et l’amour que se porte ce couple.

Je tiens à remercier Netgalley et les éditions Kero pour l’envoi de cet e-book.

 

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[Revue] Page des libraires n° 178 – Été 2016

Note : 5/5

Pages : 144

Publication en France : été 2016

Ma critique :

Je tiens à remercier Livraddict et la revue ‘Page des libraires’ pour cette découverte.

La revue « Page des libraires » présente tous les 2 mois des livres avec une particularité : ce sont des libraires qui recommandent nos prochaines lectures.

Pour être complètement honnête, il faut savoir que j’ai été abonnée pendant un an au magazine « Lire ». En recevant la revue « Page », je n’ai pas pu m’empêcher de comparer les deux.

Pour parler de cette revue, j’ai fait la liste des points positifs et négatifs qui ne reflètent bien sûr que mon avis personnel.

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 Pour ce qui est des points positifs :

  •  Toute sorte de livres sont présentés : la littérature générale française et étrangère, la BD, la littérature jeunesse, les polars et les essais. Ce qui laisse un choix assez large pour toute sorte de public.

 sommaire

  •  Les auteurs sont très différents les uns des autres : la revue ne va pas s’attarder sur un auteur en particulier et le classique comme le contemporain sont évoqués :  Shakespeare, Foenkinos, Kate Morton, Jean-Paul Didierlaurent, …

 

  •  La revue contient également des interviews avec des auteurs qui parlent de leurs derniers romans : Fabienne Betting (Bons Baisers de Mésménie), Marie Laberge (Ceux qui restent), Jean-Paul Didierlaurent (Le Reste de leur vie), … On en sait plus sur l’auteur et sur sa façon de voir les choses face à ses personnages et de manière plus générale sur la sortie de son roman.

 

  • Ce qui m’a beaucoup plus, c’est que la revue est comme un catalogue au sens positif du terme : il peut donner envie de lire toute sorte de livres : cela peut être utile lorsqu’on est en manque d’inspiration. J’ai repéré d’ailleurs quelques livres qui ne m’inspiraient pas au premier abord mais qui finalement, m’intéressent… J’ai par ailleurs apprécié que le prix des livres soit indiqué. Ceux-ci restent tout de même indicatifs, dixit la dernière page du magazine. Son affichage me permet de me donner une petite idée en tout cas pour savoir s’il est bien en format poche ou autre, ou si effectivement, le livre tant convoité sera parmi mes priorités d’achat.

 p 50

  • Pour aller plus loin dans le détail, la qualité de la page est plus agréable que du papier glacé.
  • Pour en revenir avec ma comparaison avec le magazine Lire, ici, nous avons des libraires passionnés qui nous donnent leurs conseils en matière de lecture. Là où « Lire » diffère est que seuls des journalistes, experts avec une solide culture littéraire vont se pencher sur des livres dont les auteurs sont quasiment tous reconnus. Avec « Page des libraires », toutes sortes de romans sont abordés et plébiscités par une ou plusieurs libraires.

p 53

  •  La revue est parsemée de pages thématiques : par exemple, en pages 116-117, le titre est « des livres pour voyager ». Ainsi, si on est en vacances à la mer, 3 livres sont proposés. Ceux qui vont à la campagne ou ceux qui partent à l’aventure ne sont pas oubliés. Je trouve ce concept original et vraiment bien pensé.

page 116-117

 Points négatifs (parce qu’il en faut bien) :

  •  Au niveau des différentes littératures abordées, je trouve qu’il y a un peu trop de littérature jeunesse et de BD qui ne m’intéressent pas particulièrement. Je reconnais néanmoins que les extraits de BD qui apparaissent sur certaines pages peuvent attirer les fans. La qualité du dessin peut convaincre les aficionados.
  • La couverture en elle-même n’est pas attrayante. A priori, comme ça, je ne l’aurais pas forcément acheté si je l’avais vu dans un kiosque.
  • Le prix du numéro me paraît très élevé : 12 € le numéro et 50 € l’abonnement d’un an (6 numéros par an) avec en cadeau un livre « L’ombre de nos nuits » de Gaëlle Josse, lauréat 2016 du prix France bleu/Page des libraires. La revue est certes complet en termes de diversité de livres proposés et en termes de nombre de pages puisqu’il en contient 143. Je ne pense pas m’y abonner mais je pourrais être tentée à l’avenir de l’acheter au numéro.

Pour conclure, j’ai beaucoup aimé cette revue même si je ne suis pas sûre que je l’aurais acheté de moi-même. En tout cas, c’est le genre de magazine qui, une fois lu, ne finit pas dans un placard à prendre la poussière puisqu’il va me servir pour mes prochaines lectures. J’ai entouré comme une petite fille les livres qui me plaisent, comme quand on fait sa liste au Père Noël (et j’adore ça !).

La peste de Camus

Afficher l'image d'origineNote : 5/5

Pages : 335 pages

Première publication en France : 1947

Ma critique :

Que dire d’autre à part que j’ai adoré ! J’ai adoré l’histoire, j’ai adoré le cheminement de l’auteur pour nous montrer l’état d’esprit des habitants d’Oran pendant la peste, j’ai adoré le style d’écriture, j’ai adoré la psychologie de tous ces personnages, …

J’avais lu il y a quelques années «l’étranger » et j’avais été surprise de voir qu’il était plus simple à lire que je ne le pensais. Et puis, j’ai regretté de ne pas avoir essayé d’aller plus loin dans la compréhension de cette œuvre, d’essayer de comprendre ce que voulait dire l’auteur entre les lignes. C’est pourquoi pour la peste, j’ai pris mon temps. Et j’ai beaucoup apprécié. Je l’ai trouvé un peu plus difficile à aborder que l’étranger mais le plaisir était bien présent.

C’est le style de livre dont Philippe Vilain dit qu’il ne se passe pas grand-chose et pour lequel les lecteurs d’aujourd’hui s’ennuient. J’avoue qu’effectivement, si je l’avais lu il y a 10 ans, je n’aurais pas dépassé la 20ème page.

En lisant ce livre, je n’avais pas la grille de lecture qu’il fallait en avoir. J’ai donc pris au premier degré l’histoire. Mais a priori, il fallait y voir une allégorie à la peste brune à savoir les nazis pendant la seconde guerre mondiale.

Le narrateur dont on ne connaît pas l’identité au départ mais qu’on devine assez facilement, nous raconte d’abord combien il a été difficile pour le médecin et pour les autorités administratives de mettre un nom sur la maladie de la peste. Cette partie de l’histoire m’a fait penser, toujours sans connaître la grille de lecture que j’évoquais plus haut, au fait qu’à la période de la seconde guerre mondiale, certaines personnes avaient du mal à prononcer le terme  « guerre » de peur de porter malheur.

L’état d’esprit des habitants d’Oran est finement analysé par Camus : la résignation, la peur, la colère, l’espoir, la tristesse sont évoqués tour à tour. Et on ressent cet état d’esprit vis-à-vis de la religion. Le père Paneloux au début de l’épidémie dans son sermon, va dire aux habitants que ce qu’il leur arrive est de leur faute, parce qu’ils ont pêché. A la fin, son sermon est différent : il va leur dire que ce qu’il leur arrive est la volonté de Dieu et que ne pas affronter l’épidémie en voulant s’échapper de la ville n’est pas bon pour eux. La religion est au centre de cette histoire et j’ai trouvé que ces paroles étaient dures vis-à-vis des habitants.

Tous les personnages évoqués ont une importance cruciale dans l’histoire : le médecin Rieux, Tarrou, Grand, Cottard, le vieux asthmatique, … J’ai adoré d’ailleurs Grand, éternel romantique qui ne terminera jamais sa phrase et pour qui je vais faire honneur en le citant :« Par une belle matinée du mois de mai, une élégante amazone parcourait, sur une superbe jument alezane, les allées fleuries du Bois de Boulogne ».

En bref, « Chapeau bas ».

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Une fois n’est pas coutume, je vais citer Camus.

 

Son métier continuait, il n’y a pas de congé pour les malades.

 

[…]le narrateur est plutôt tenté de croire qu’en donnant trop d’importance aux belles actions, on rend finalement un hommage indirect et puissant au mal.