Le diable sur les épaules de Christian Carayon

Note : 5/5

Pages : 541

Éditions : Pocket

Publication en France : 2013

Ma critique :

J’ai découvert Christian Carayon par « Un souffle, une ombre », son dernier roman et j’avais eu un véritable coup de cœur. A Saint-Maur en Poche, j’ai acheté le tout premier et encore une fois, j’ai adoré.

Il faut dire que les deux m’ont plu pour les mêmes raisons : un village rongé par les rumeurs, beaucoup de suspense, des secrets de famille, des personnages mystérieux vers lesquels on se pose des questions en permanence,  une introduction envoûtante grâce à laquelle on s’attache directement aux personnages…

Je lis beaucoup moins de thriller qu’avant. J’aime bien être surprise et en même temps, j’aime bien avoir des doutes sur le ou les coupables.  Dans ce roman, j’ai été baladée jusqu’à la fin et il y a eu un énorme rebondissement dont j’étais loin de me douter. Totale réussite de ce côté-là !

En deux mots pour parler de l’intrigue, en 1924, Camille Purseau demande à Martial de la Boissière, un ami d’enfance, de venir dans son village pour enquêter sur le meurtre non élucidé de Michel Gresse, un paysan. Elle est l’institutrice d’une école de fille et se retrouve isolée dans sa maison de fonction. Elle a peur de rester seule car tout le monde ignore comment un meurtre aussi atroce a pu avoir lieu dans ce petit village isolé et des rumeurs de fantômes commencent à courir.

Sélectionné par le prix « ça m’intéresse histoire » pour le polar historique, le roman évoque l’après première guerre mondiale. Tout au long de l’intrigue, on mesure le poids de ce lourd passé. Les jeunes revenus de la guerre ne sont plus tout à fait les mêmes et ont bien changé. Cet aspect a d’ailleurs un rôle à jouer dans la résolution de l’enquête.

Martial de la Boissière, l’enquêteur est un personnage récurrent et revient dans le deuxième roman de Christian Carayon à savoir « Les naufragés hurleurs ». Il ne me reste plus que celui-là pour lire sa bibliographie complète !

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Voir ma chronique de « Un souffle, une ombre » de Christian Carayon

Ma rencontre avec Christian Carayon organisée par Babelio

 

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La Mésange et l’ogresse de Harold Cobert

 La mésange et l'ogresse par CobertNote : 5/5

Pages : 425

Éditions : Plon

Publication en France : 18 août 2016

Ma critique :

Je tiens à remercier dans un premier temps Netgalley et les éditions Plon pour l’envoi de cet e-book.

Il faut avoir le cœur bien accroché pour se lancer dans ce roman. Malgré tout, le livre est fait de manière à pouvoir revivre l’enquête qui a abouti à l’arrestation du couple Fourniret. Bien que je sache comment ça se termine j’ai eu envie de savoir comment les policiers allaient arriver à les coincer tous les deux.

Monique Fourniret est auditionnée à plusieurs reprises à compter du mois d’août 2003. Très tôt, les policiers vont comprendre que Monique Fourniret n’est pas toute blanche dans l’histoire contrairement à ce qu’elle a envie de faire croire. Malgré tous les faits accablants, Michel et Monique Fourniret ne lâchent rien pensant qu’ainsi, lui, l’ogre pourrait sortir de prison.

Elle, c’est une femme simple, qui ne se rend absolument pas compte de ce qu’elle a fait. Au moment où son mari est arrêté, on n’a pas vraiment l’impression que ça l’étonne et elle va même finir par se plaindre du harcèlement que leur fait subir, non seulement les policiers mais ses voisins également. Elle se plaint notamment que la cantine où elle travaille ne veuille pas la reprendre du fait de la situation de la famille Fourniret. Les médias se sont en effet vite accaparé l’histoire.

Il y a pas mal de scènes d’agression qui sont racontées à la manière d’un rapport de police. Aucun sentiment ou d’émotion n’en découlent et c’est d’autant plus choquant à lire. Heureusement, l’auteur n’entre jamais dans les détails ; il y a tout de même quelques scènes qui ne sont pas expliquées pour laisser l’imagination du lecteur prendre le relais. Mais je reste persuadée qu’on est très loin de pouvoir imaginer tout ce qu’il s’est passé.

Il y a deux passages qui m’ont marquée plus que d’autres :

  • L’enquêteur demande à Monique Fourniret si elle aime son mari. Elle va avoir une réponse mémorable qui résume toute sa personne. C’est à vomir.
  • Le couple parle en code et notamment de « MSP ». On finit par savoir ce que cela signifie à leurs yeux…

En bref, j’ai beaucoup aimé ce livre en dépit du thème très noir… Le roman est très réussi. La pression monte chez les policiers et le lecteur la ressent de son côté aussi. De plus, l’auteur a réalisé un véritable travail pour nous faire rentrer dans la psychologie de ce monstre qu’est Monique Fourniret. Comment une femme peut en arriver à faire ça, à cautionner ça, à avoir vécu ça…. J’ai eu envie de la secouer à plein de reprises.

Il y a eu bien des moments où je me suis dit que jamais je ne pourrais être policière : je ne pourrais jamais avoir la moindre conversation avec ce genre de personne sans lui sauter dessus !

En attendant la sortie du livre le 18 août prochain, il est possible de regarder l’émission « Faites entrer l’accusé » qui parle de l’affaire.

Fermez les yeux de C.J. Cooper

Fermez les yeux par C. J. CooperNote :  5/5

Pages : 448

Édition : Préludes

Publication en France : 2016

Ma critique :

Quand j’ai vu les critiques de la blogosphère, j’ai un peu été freinée avant de commencer. Mon esprit contradictoire a fait que j’ai laissé une chance à ce livre et ô surprise, j’ai adoré.

Je connais très peu de choses sur le thème de l’hypnose mais j’ai pensé au film « Trance » de Danny Boyle en parcourant le livre. Pour résumer en très peu de mots, une femme, Sara, prend rendez-vous auprès d’un hypnothérapeute pour se débarrasser de sa phobie de l’avion. Le traitement va se révéler efficace puisqu’elle va pouvoir prendre l’avion très rapidement mais des hallucinations très dérangeantes vont vite apparaître.

Les critiques apportées à ce livre ont porté sur la narration et sur le côté plat de l’intrigue. En fait, pour ma part, ça a été tout l’inverse.

D’une part, en ce qui concerne la narration, les personnages principaux prennent à tour de rôle la parole face à un journaliste dont on ne connaît pas l’identité. Dans l’ordre chronologique, ils parlent des « évènements » et petit à petit, on découvre ce qui se cache derrière cette appellation. Qui croire ? Qui est sincère ? Qui ne l’est pas ? Je trouve que l’auteur a trouvé la bonne narration pour me faire me poser des questions en permanence. Le suspense s’est alors intensifié tout au long des pages pour finir par devenir complètement addictif.

D’autre part, en ce qui concerne le côté plat de l’intrigue, là encore, je ne suis pas du tout d’accord. Comme je le disais, on en sait un peu plus au fil des pages et un espèce de mystère s’installe. Ce qui fait que l’histoire devient de plus en plus intéressante. L’auteur distille des remises en cause des personnages et par conséquent, on les soupçonne tour à tour de mentir.

Le seul hic, c’est que la fin a fait comme un soufflet en fin de cuisson. J’ai été déçue, je m’attendais à une plus grande révélation. Mais le suspense a fait que j’ai passé un très bon moment.

En bref, du suspense, une narration peu commune, une pression qui s’intensifie au milieu du livre… Une réussite pour ma part.

Je remercie Netgalley et les éditions Préludes pour l’envoi de cet ebook.

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Rencontre Babelio de Karin Slaughter

J’ai eu la chance d’être sélectionnée pour aller à la rencontre de Karin Slaughter organisée par Babelio le 18 mars 2016 à l’occasion de la sortie de son roman « Pretty Girls ». J’ai eu beaucoup de mal avec cette lecture. J’étais d’autant plus motivée de rencontrer l’auteur pour avoir sa visions des choses. Alors, convaincue ? A vous de voir.

Pour lire ma critique, c’est par ICI.

Pour information, la quatrième de couverture :

Deux sœurs. Deux étrangères. Plus de vingt ans auparavant, Julia a disparu à seize ans sans laisser de trace. Depuis, Claire et Lydia, ses sœurs, ne se sont plus parlé. Seule la haine farouche qu’elles nourrissent l’une pour l’autre les rapproche encore. La haine, et le désespoir : jamais elles ne se sont remises de la tragédie qui a fracassé leur famille. Deux événements violents vont venir cruellement raviver leurs blessures mais aussi les obliger à se confronter : l’assassinat du mari de Claire, et la disparition d’une adolescente.
A tant d’années de distance, ces événements ont-ils un lien quelconque avec Julia ? Lasses de se faire la guerre, Claire et Lydia plongent dans la noirceur du passé familial. Une spirale sanglante… Avec la froide efficacité qui l’a rendue célèbre, Karin Slaughter fait ressurgir la noirceur et la sauvagerie au sein d’une famille frappée par la perte. Elle explore au scalpel les liens qui unissent les personnages et écorche leurs secrets.
Un roman puissant, à vif, par l’un des écrivains contemporains les plus marquants.

***

Karin Slaughter a voulu à travers ce lire donner la parole aux victimes. Elle a d’ailleurs une responsabilité en tant qu’auteur de parler de l’impact d’un crime pour plusieurs personnes. En l’occurrence, dans ce roman, les 2 sœurs, Claire et Lydia, et les deux parents ont vécu chacun à leur manière la disparition de Julia. Le crime est toujours dans l’esprit des deux sœurs même une dizaine d’année après. Elles ont d’ailleurs été impactées,  : Claire par la surprotection de son mari qu’elle souhaitait et la drogue pour Lydia. Sans dévoiler la fin du livre, le père indique dans sa dernière lettre comment il voyait ses filles s’il n’y avait pas eu de crime.

Le doute et la confiance sont prégnant dans ce roman. L’auteure a tenu à créer des personnages enigmatiques pour que le lecteur se pose la question de savoir qui est le méchant et qui est le gentil.

Ici, le personnage principal n’est pas un policier. C’est ce qu’elle cherchait. Elle souhaite pouvoir s’améliorer de livre en livre et elle cherche donc l’originalité, quelque chose de nouveau. Le défi d’écrire ce roman a été de travailler sur des personnages qui n’ont pas l’habitude de travailler sur des scènes de crime.

Karin Slaughter est revenu à plusieurs reprises sur le thème du féminisme. Elle a été interloquée dans le passé par les questions et remarques de journalistes à propos de ses romans. Il lui est arrivé qu’on l’interroge sur le fait d’écrire « comme un homme », à savoir décrire des scènes violentes. De nos jours, les hommes apprécient d’avoir le point de vue des femmes.

Elle ne cherche en aucun cas à glorifier les criminels. Les courriers de meurtriers qu’elle reçoit pour lui signifier que les scènes qu’elle décrit sont réalistes, la dégoûtent.

***

Au final, je n’ai pas vraiment changé d’avis sur ce livre, même si j’ai une vision plus profonde de ce roman. Comme je le disais, je ne m’arrêterai pas en si bon chemin, je tenterai un jour un autre roman d’elle.

Avez-vous un roman à me conseiller de cet auteur ?

Rencontre Babelio de Christian Carayon

J’ai eu la chance d’être sélectionnée pour aller à la rencontre de Christian Carayon organisée par Babelio le 17 mars 2016 à l’occasion de la sortie de son troisième roman « Un souffle, une ombre ». Pour moi, ça a été un véritable coup de cœur. J’ai adoré ce livre car il m’a emportée du début jusqu’à la fin. Pour lire ma critique entière, c’est par ici.

Pour information, la quatrième de couverture :

Été 1980. Le lac de Basse-Misère, dans le sud du Massif central. Un groupe d’adolescents de bonne famille est massacré sur l’îlot où il était parti camper, en marge de la fête du club nautique local. Dans toute la région, l’onde est sismique. Comme un point de bascule irréversible, qui signe la fin d’une époque d’insouciance, et le début du déclin de la vallée.
À Valdérieu, principale agglomération du pays, quelque chose s’est brisé pour toujours.
Trente-quatre ans plus tard, le meurtrier supposé croupit derrière les barreaux. Mais à l’université de Toulouse, le chercheur en histoire Marc-Édouard Peiresoles ne croit pas en sa culpabilité.
Originaire de Valdérieu, et témoin impuissant du cataclysme alors qu’il n’était que collégien, il décide de retourner sur place, et de reprendre toute l’enquête. Comme on replonge dans ses propres traumatismes. Comme on lève le voile sur trois décennies de non-dits, en grattant le vernis d’une communauté beaucoup moins lisse qu’il n’y paraît. Derrière les fantômes des adolescents disparus, c’est bientôt le lac de Basse-Misère qui se réveille, tel un prédateur endormi. Déjà prêt à engloutir ses prochaines victimes…

L’auteur a pu nous parler de différents aspects du livre, que je restitue modestement ici.

Tout d’abord, il faut savoir que l’auteur est professeur d’histoire tout comme le personnage principal de l’histoire. La seule différence est que l’auteur travaille dans un lycée, tandis que le personnage travaille dans une université.

Pour son roman, Christian Carayon est parti d’un lieu qui existe vraiment. Le lac existe, le village existe, le club nautique et le ponton également, même si quelques modifications liées au besoin de l’histoire ont été nécessaires. Il s’est d’ailleurs inspiré d’un groupe de jeunes qui est parti en canoë sur ce fameux lac, vers un petit ilot et s’est dit qu’il ne fallait pas qu’ils leurs arrivent quelque chose.

A partir de là, il a esquissé ensuite les différents personnages.  Ils ont été largement inspirés de personnes qu’il a rencontré dans la vraie vie : étudiante, collègues, …

Ce qui est étonnant, c’est qu’en commençant l’histoire, il ne savait pas comment elle allait se finir. Ce n’est qu’en continuant d’écrire que la fin lui est venue.

En tout et pour tout, 9 mois de travail lui ont été nécessaire. Il pensait d’ailleurs ne plus écrire après ce roman, et puis finalement, 6 mois après, il s’est remis à écrire. Son quatrième roman est en route. Une bonne nouvelle !

Je remercie une nouvelle fois Babelio pour cette rencontre ainsi que la maison d’édition Fleuve Noir.