La séquestrée de Poitiers de André Gide

Afficher l'image d'origineNote : 5/5

Pages : 145

Éditions : Folio

Publication en France : 31 mars 1930

Ma critique :

André Gide s’est lancé dans les faits divers et a publié des livres récurrents pour évoquer des cas de justice particuliers, qui peuvent poser des questions. La collection se nommait « Ne jugez pas ».

Je connaissais déjà un peu André Gide : j’ai lu l’école des femmes et la symphonie pastorale. Je n’avais pas ressenti dans ces 2 romans d’attrait spécifique pour les faits divers. Sa plume était d’ailleurs beaucoup plus agréable dans ces deux livres par rapport à « La séquestrée de Poitiers », rédigé comme un rapport de police.

L’histoire qui nous intéresse est atroce : une femme a été séquestrée pendant 25 ans. Elle est retrouvée dans son lit couverts d’excréments, les cheveux et les ongles longs, très maigres,… Pourquoi est-elle là ? Pourquoi sa famille l’a condamnée à rester là ? Pourquoi son frère a-t-il été acquitté lors de son procès ?

Certes, c’est arrivé en 1901 et c’est du passé. Mais, la raison pour laquelle le frère a été acquitté me hérisse le poil. L’époque était très différente : beaucoup de situations familiales et personnelles étaient tabous et il ne fallait pas en parler et c’est ce qui a « sauvé » son frère. Je vous invite à lire ce livre qui ne fait qu’une cinquantaine de pages pour découvrir tout cela.

En bref, j’ai bien aimé cette lecture car on ressent bien l’agacement d’André Gide même sous forme de citation de rapport de police. J’ai eu quelques haut le cœur parfois … A lire à jeun…

Pour plus d’infos sur cette affaire : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/l-heure-du-crime-mardi-20-mai-2014-la-sequestree-de-poitiers-7772562866

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L’école des femmes – André Gide

Lu dans le cadre du challenge Nobel 2013/2014

Eveline et Robert, follement amoureux s’engagent à écrire chacun de leur côté une sorte de journal intime sur leur vie. A la mort de l’un d’eux, l’autre partenaire se verra le droit de lire le journal de l’autre. Nous lisons donc d’une part le journal d’Eveline.

Les premières pages sont assez éprouvantes à lire dans le sens où on a du mal à accrocher à l’écriture du journal d’Eveline. Le personnage l’explique par le fait qu’elle n’est pas très cultivée et que écrire lui demande un effort et qu’elle y consent par amour pour son mari. On découvre alors une femme naïve, qui a une confiance aveugle envers son mari, qui l’admire, … bref, elle est amoureuse. Une circonstance particulière va l’amener à abandonner son journal pendant 20 ans et le reprendre ensuite. Et là, on découvre une toute autre femme, sûre d’elle, cultivée, remettant en doute les paroles de son mari, …

Je n’ai jamais lu de livre aussi féministe que celui là. Et c’est intéressant de le lire tout en sachant qu’il a été rédigé par un homme (??) en 1929, date à laquelle, le rôle de la femme dans la société était encore très limitée. La religion et le mariage sont des institutions encore bien en place.

André Gide imagine que ce texte est publié et que son mari, en droit de réponse publie lui-même, ses arguments. Je passe les détails, je vous laisse le plaisir de découvrir ses arguments sur son rôle dans son couple et la manière dont il a ressenti le retournement de veste de sa femme. On a également la réponse de la fille Geneviève, qui a toujours été du côté de sa mère et qui va avoir un impact flagrant sur sa propre vie, sur ce besoin d’émancipation.

C’est un véritable plaidoyer sur l’émancipation de la femme sur 2 générations et d’un homme qui est complètement dépassé par les évènements.

Le livre est dans l’ensemble simple et très agréable à lire. L’émancipation de la femme de nos jours est atteint je pense. Le lire aujourd’hui aide à comprendre les difficultés de l’époque. Ce serait intéressant de savoir quelles avaient été les réactions au moment de la publication.