La littérature sans idéal de Philippe Vilain

La littérature sans idéal par VilainNote : 3/5

Pages : 158

Édition : Grasset

Publication en France : 2016

Ma critique :

Je remercie dans un premier temps les éditions Grasset et Netgalley pour l’envoi de ce livre.

J’ai regardé l’émission « ça balance à Paris » sur Paris Première. Au cours de celle-ci, les chroniqueurs s’en sont donnés à cœur joie sur deux livres que je me suis empressée de lire : Célibataire longue durée de Véronique Poulain et La littérature sans idéal de Philippe Vilain.

Ce dernier regrette que la place de l’écrivain soit si réduit dans les médias et que je cite « la réduction des espaces consacrés à la culture, et à la littérature en particulier, restreignant la critique […] à un ordinaire exercice de compte-rendu plus qu’à une exégèse ».

En regardant l’émission, je ne pensais pas que ce thème serait abordé. En fait le sujet principal de ce livre est que le style des écrivains d’aujourd’hui n’est pas aussi rigoureux que celui d’avant. Il regrette entre autre que les auteurs d’aujourd’hui choisissent d’écrire au sujet de fait historique, de façon journalistique, se contentant de raconter et d’imaginer ce que les personnes qui ont vécu ces drames, pouvaient ressentir. Pour lui, nous sommes dans la période de ce qu’il nomme le « post-réalisme ».

Philippe Vilain compare Proust à Céline et dit qu’il y a un avant et un après Proust. Céline s’est fait connaître par un style oralisé, qui selon Philippe Vilain, a été repris par mes auteurs contemporains. C’est même devenu la norme. De plus, les écrivains aujourd’hui ne se revendiquent pas s’inspirer par des auteurs classiques : ils inventent leurs propres styles. L’auteur de cet essai ajoute que la plupart des auteurs n’ont pas de bagage littéraire.

Beaucoup se lancent dans l’écriture et s’auto-proclament écrivains. Par conséquent, le choix de lecture est beaucoup plus important qu’avant et les éditeurs hésitent plus avant d’éditer des livres qui sortent du lot. Donc, la littérature devient de moindre qualité, le style étant moins recherché que le caractère économique, répondant davantage aux envies des lecteurs de masse.

Il conteste le rôle des blogueurs et les trouve illégitimes. Seuls les journalistes qui remettent dans le contexte l’œuvre littéraire peuvent en toute connaissance de cause proposer au public un vrai regard et un vrai conseil. Ce qui est contradictoire, c’est que le livre est proposé sur la plateforme Netgalley. Et qu’en l’occurrence, j’ai été sélectionnée alors que si on regarde bien ce que je lis, je ne figure pas dans la tête de cible de ce livre. Loin de là.

Or, si nous, blogueurs parlons de livres, c’est bien pour partager une passion commune qu’est la littérature au sens large. Et c’est bien pour promouvoir la lecture que nous le faisons. Notre rôle est par conséquent pour moi tout à fait légitime.

Il faut dire que ma culture littéraire est très limitée. Je le conçois parfaitement. Je ne lis essentiellement que des livres dits populaires ou des classiques qui ne sont pas Céline ou Proust (je compte bien m’y atteler d’ailleurs). Mais, je lis quand même pas mal de livres qui me permettent de m’évader. J’ai souvent des avis tranchés sur les livres mais cela ne reflète que mon avis. Souvent d’ailleurs, j’aime des livres que d’autres n’ont pas aimé. L’inverse est parfois aussi vrai.

Ce que j’apprécie dans ce livre, c’est que pour une fois, un critique littéraire me donne des pistes de livres à lire. Vous les trouverez ci-dessous : je compte bien les lire pour savoir ce qu’est, pour lui, de la vraie littérature littéraire (deux termes à significations très différentes).

A lire selon Philippe Vilain
Apprendre à finir de Laurent Mauvignier
L’énigme du retour de Dany Laferrière
Grâce leur soit rendue de Lorette Nobécourt
Renée Camps de Jean-Noël Pancrazi
L’enfant éternel de Philippe Forest
En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis
L’amour sans le faire de Maylis de Kerangal
Le goût des femmes laides de Richard Millet
Un roman russe d’Emmanuel Carrère
La chute de cheval de Jérôme Garcin
La perfection du tir de Mathias Enard
Les moustaches de Staline de François Cérésa
L’hyper Justine de Simon Liberati
Ma chère Lise de Vincent Almendros

Est-ce que j’ai aimé ce livre ? Oui, parce que je suis sortie de ma zone de confort et m’a bousculé dans mes idées arrêtées sur la littérature. Ce livre m’a donné à réfléchir malgré tout.

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Le bal de Irène Némirovski

Afficher l'image d'origineNote : 4/5

Pages : 144

Éditions : Grasset

Ma critique :

C’est un livre très court mais dans lequel on plonge rapidement.

Dans les années 20, Antoinette Kampf, 14 ans rêve d’attentions, de grandir vite et d’attirer les hommes. Elle manque terriblement d’amour, ses parents lui en donnent très peu et sa mère est envahissante et n’a de cesse de faire des reproches à sa fille.

Les Kampf deviennent soudainement « à l’aise » financièrement et pour le faire savoir organisent un bal en invitant près de 200 personnes. Antoinette est enchantée, seulement sa mère s’oppose fermement à ce qu’elle y assiste. Antoinette va vouloir alors se venger.

Très vite lu mais quel talent ! On se prend au jeu d’Antoinette de détester sa mère en quelques pages. Les premières pages du livre relate la biographie de l’auteur et la compare à Colette. C’est pas faux.