Les mots entre mes mains de Guinevere Glasfurd #MRL16 #Priceminister

Note : 5/5

Pages : 435

Éditions : Préludes

Publication en France : 24août 2016

Ma critique :

Je tiens à remercier dans un premier temps Priceminister pour cette lecture.

Descartes est difficile d’abord à lire. Descartes était difficile à aborder en privé. C’est ce que raconte ce livre à travers son histoire personnelle autour de la servante Helena. Il la rencontre chez un libraire aux Pays-Bas. A l’époque, les femmes n’avait pas le droit à l’instruction et peu d’entre elles savaient lire. Helena, elle, sait lire et même écrire. Elle va jusqu’à donner des leçons à une de ses amies, également servante.

Un certain respect va s’installer entre eux et petit à petit, ils vont se rapprocher jusqu’à enfin se laisser tomber dans les bras l’un de l’autre.

A aucun moment je n’ai ressenti de l’exagération, de la romance appuyée. Pourtant cela aurait pu être plus vendeur. En l’occurrence, l’auteure a voulu se rapprocher le plus possible de la réalité à partir des faits connus et d’autres inconnus. La difficulté pour Helena de trouver sa place en tant que femme et non de servante auprès de René Descartes est absolument bien retranscrite. Rien n’a été facile pour elle et longtemps, elle marquera la distance avec lui en l’appelant « Monsieur ». Même après avoir eu un enfant avec lui.

Elle le connaît au moment où il écrit son Discours. René Descartes reçoit beaucoup de courrier. L’auteure ne rentre pas dans le détail mais on devine que la pression était absolument forte à l’époque : Descartes avait osé écrire en français, il voulait que tout le monde puisse lire son essai.

Personnellement, j’ai lu cet été son « Discours de la méthode » pour m’initier à la philosophie. Je n’en ai même pas parlé sur le blog persuadée de n’avoir rien pu en tirer. Or, dans ce roman, l’auteure revient sur les principaux axes de son essai comme par exemple, le plus frappant d’ailleurs, la dissection animale.

En bref, j’ai beaucoup aimé ce livre mais ça n’a pas été le coup de cœur car il y avait beaucoup de passages qui traînaient en longueur. En revanche, j’ai eu une petite larmichette à la fin, et c’est un signe pour ma part que ça m’a touché personnellement.

89 mois de Caroline Michel

89 mois par MichelNote : 3/5

Pages : 288

Édition : Préludes

Publication en France : 2016

Ma critique :

Je remercie les éditions Préludes et la plateforme Netgalley pour cette découverte.

89 mois, il lui reste 89 mois avant la limite des 40 ans pour faire un bébé. La fameuse horloge biologique lui fait peur. Jeanne programmait d’avoir un enfant avec Julian mais il l’a plaquée. Alors, elle va le faire toute seule, ce bébé. Elle a déjà trouvé un prénom, Augustine. Elle lui parle déjà, elle est déterminée.

La page de couverture m’a fait penser que le sujet allait être abordé sur le ton d l’humour. Or, même si j’ai ri de temps en temps, le thème est loin d’être évoqué avec légèreté. En effet, c’est vraiment une obsession pour elle, elle y pense en permanence : et pour cela, il faut qu’elle trouve un géniteur. Elle couche avec le premier venu et enchaîne les tests de grossesse pour vérifier que les petits changements en elle signifie bien qu’elle est enceinte. Seulement, cela n’aboutit pas, alors elle continue.

Heureusement, son entourage lui démontre les inconvénients d’une telle démarche : c’est mieux à deux, avoir un enfant c’est une responsabilité difficile à assumer, d’autant plus seule. J’avoue que ces personnages ont crédibilisé le roman. Sans eux, la démarche m’aurait paru triste et dérangeante. Jeanne est sûre d’elle-même, elle a des arguments pour déjouer tous les commentaires négatifs qui lui reviennent aux oreilles et c’est ce qui la rend attachante. Son obsession pour avoir un bébé lui fait écarter tout désir d’être en couple alors qu’elle pourrait être heureuse. Malgré cela, ses amis se marient, ont des enfants et elle se voit toujours seule. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé cette femme forte, tenace et toujours là à tenir face à son entourage.

Alors évidemment, ce livre n’est pas à mettre dans toutes les mains : comme je le disais plus haut, elle couche avec n’importe en ne pensant qu’aux conséquences éventuelles de la maternité mais rien de plus. Il y a des conséquences qui méritent d’être soulignées quand même et j’avoue que j’aurai bien voulu que quelque part soit mentionné le fait que les maladies transmissibles, c’est loin d’être une fiction.

Pour tout dire, même si je me sentais concernée par le sujet (il me reste moins de 89 mois…), je n’ai pas accroché à ce livre : l’humour est inégal tout au long du livre, certains passages sont longs, et parfois son envie de faire un bébé m’a fait penser à un caprice de petite fille et ça, ça m’a passablement énervée.

En bref, un sujet bien contemporain, de l’humour par petites touches, et des situations cocasses, 3 points qui d’habitude font pour moi un bon moment de lecture. Pas cette fois.

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Fermez les yeux de C.J. Cooper

Fermez les yeux par C. J. CooperNote :  5/5

Pages : 448

Édition : Préludes

Publication en France : 2016

Ma critique :

Quand j’ai vu les critiques de la blogosphère, j’ai un peu été freinée avant de commencer. Mon esprit contradictoire a fait que j’ai laissé une chance à ce livre et ô surprise, j’ai adoré.

Je connais très peu de choses sur le thème de l’hypnose mais j’ai pensé au film « Trance » de Danny Boyle en parcourant le livre. Pour résumer en très peu de mots, une femme, Sara, prend rendez-vous auprès d’un hypnothérapeute pour se débarrasser de sa phobie de l’avion. Le traitement va se révéler efficace puisqu’elle va pouvoir prendre l’avion très rapidement mais des hallucinations très dérangeantes vont vite apparaître.

Les critiques apportées à ce livre ont porté sur la narration et sur le côté plat de l’intrigue. En fait, pour ma part, ça a été tout l’inverse.

D’une part, en ce qui concerne la narration, les personnages principaux prennent à tour de rôle la parole face à un journaliste dont on ne connaît pas l’identité. Dans l’ordre chronologique, ils parlent des « évènements » et petit à petit, on découvre ce qui se cache derrière cette appellation. Qui croire ? Qui est sincère ? Qui ne l’est pas ? Je trouve que l’auteur a trouvé la bonne narration pour me faire me poser des questions en permanence. Le suspense s’est alors intensifié tout au long des pages pour finir par devenir complètement addictif.

D’autre part, en ce qui concerne le côté plat de l’intrigue, là encore, je ne suis pas du tout d’accord. Comme je le disais, on en sait un peu plus au fil des pages et un espèce de mystère s’installe. Ce qui fait que l’histoire devient de plus en plus intéressante. L’auteur distille des remises en cause des personnages et par conséquent, on les soupçonne tour à tour de mentir.

Le seul hic, c’est que la fin a fait comme un soufflet en fin de cuisson. J’ai été déçue, je m’attendais à une plus grande révélation. Mais le suspense a fait que j’ai passé un très bon moment.

En bref, du suspense, une narration peu commune, une pression qui s’intensifie au milieu du livre… Une réussite pour ma part.

Je remercie Netgalley et les éditions Préludes pour l’envoi de cet ebook.

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