Histoire de la violence d’Edouard Louis

Afficher l'image d'origineLE LIVRE

Note : 5/5

Pages : 230

Éditions : Seuil

Publication en France : janvier 2016

Ma critique :

Le soir de Noël, Edouard rentre chez lui et se fait accoster par un homme, Reda. Devant son insistance, il finit par accepter par le laisser rentrer chez lui. Ils vont passer une soirée dont ils vont se souvenir l’un et l’autre toute leur vie. Au départ, ils couchent et passent leur nuit ensemble. Puis, Edouard se rend compte que des objets ont disparu. Il va alors demander à Reda où sont passés les objets mais il va nier et va faire éclater sa colère.

A partir de là, plus rien ne pourra être contrôlé et la violence va s’installer dans la vie d’Edouard. Car la violence ne s’arrête pas à ce qui va se passer dans cette chambre. Elle continue bien au-delà : aux urgences quand il faut expliquer à l’infirmière qu’il s’est fait agresser (faut-il pleurer pour qu’elle nous croie ?), quand ses amis vont le pousser à aller porter plainte, quand il va devoir répéter plusieurs fois au commissariat ce qui s’est passé, quand il va devoir expliquer à sa famille ce qui s’est passé, quand il va falloir se justifier sur ce qui s’est passé.

J’avais fait une vaine tentative pour lire le premier roman d’Edouard Louis à savoir « En finir avec Eddy Bellegueule » et son côté intellectuel revanchard, son côté supérieur par rapport à sa famille, à la campagne, à ses origines, m’avaient freiné. Tout comme le début de ce roman où on retrouve ce besoin de s’émanciper de ses origines, de sa jeunesse et de sa famille. Tout au long du roman, on retrouve sa sœur Clara qui explique à son mari ce qu’a vécu Edouard dans cette chambre. Et Edouard complète ses dires par des éléments plus précis. Et le contraste de langage est saisissant. C’est ce qui m’a irrité dans ce livre encore une fois : ce besoin de montrer la différence de langage et d’intelligence. J’ajouterais toutefois que justement par la façon de raconter de Clara, on passe par plusieurs aspects auxquels n’avaient pas pensé Edouard en tant que victime. Et ce côté intellectuel, ultra-féministe et empathique de la femme qui ressort à travers ses analyses, paraissent de prime à bord, de « comptoir ».

Ce que j’ai apprécié aussi dans ce roman et qui est très bien retranscrit, c’est que même si Edouard est soutenu, qu’il est entouré par sa famille, par ses amis, par des professionnels, personne n’a les mots justes pour le soulager, pour l’aider à traverser cette épreuve. Comme il le dit lui-même, cela n’appartient qu’à lui et personne ne sait ce qu’il a enduré. Il n’a plus envie d’en parler et pourtant on le pousse à répéter encore et encore.

En bref, j’ai beaucoup aimé ce roman car on sent beaucoup de sincérité, d’angoisse, on se sent un peu comme dans une bulle avec Edouard, dans laquelle on est gêné, on a envie comme lui de tout balancer et de fuir. Mais les faits sont là, il va devoir vivre avec, dans ce minuscule appartement qui sent encore la pêche.

L’AUTEUR

Auteur : Edouard Louis

Date de naissance : 30 octobre 1992

Autre livre : En finir avec Eddy Bellegueule

A savoir :

  • Eddy Bellegueule est son véritable nom de naissance.
  • Ses romans sont autobiographiques.
  • Reda, dont il est question dans le roman qui nous intéresse, a porté plainte contre l’auteur pour atteinte à sa vie privée et à la présomption d’innocence.

Site Internet : https://edouardlouis.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/edouard.bellegueule